Les corsets et le féminisme…

Pourquoi ce sujet ?

Ces derniers temps, j’ai vu de plus en plus d’articles concernant ces deux thèmes qui m’intéressent fort.
Et j’ai décidé pour une fois de prendre le risque d’écrire un article qui peut potentiellement créer une polémique.

Voici pour commencer les liens qui m’ont interpellés :

Il y a cet article à propos d’Emma Watson, très engagée dans le féminisme, qui refuse de porter un corset pour son rôle dans „La Belle et la Bête“.

Puis je suis tombée sur cet article sur elle.fr qui dit entre autres que le corset peut même être le signe d’un nouveau féminisme.

Et très récemment, celui-ci, en anglais, du New York Times.

Il est vrai qu’historiquement, le corset a fait couler beaucoup d’encre. En effet, il a longtemps été (voire est encore) considéré comme un objet d’asservissement de la femme au patriarcat, l’empêchant de faire de nombreuses activités (lire cet article (en anglais) et celui-ci pour déconstruire certains mythes colportés à propos des corsets). De nos jours, on pourrait dire qu’il est, au même titre que les talons hauts ou le maquillage, considéré comme un outil de séduction, attirant le regard des hommes, parfois vu comme un objet de pouvoir aux mains des femmes, ou alors de soumission aux diktats de la beauté.

La vraie problématique

Ce que je remarque surtout, c’est que l’on parle de ces vêtements considérés comme typiquement féminins, tels que le corset, les talons, le soutien-gorge, les gaines, ou encore (pour entrer encore plus dans la polémique) le voile, le burkini, beaucoup plus que ce que l’on s’interroge sur la symbolique des vêtements portés par les hommes. Pourquoi n’y a-t-il pas d’articles grand public à propos du port de la cravate par exemple ? Pourquoi ne se demande-t-on pas autant si les hommes portant une cravate le font de leur plein gré, par obligation, ou pour accéder à une forme de pouvoir ? La question serait légitime je pense…

Ce que j’essaye de dire par là, c’est que pour moi, le féminisme est un mouvement prônant l’égalité entre hommes et femmes. Et le corset est un vêtement. Le plus intelligent qu’on puisse faire selon moi pour promouvoir cette égalité est d’arrêter de mélanger les sujets et les problèmes.  Le corset, même dans son époque de gloire, comme le voile, ne sont pas les vrais problèmes que les femmes rencontrent. Les vrais problèmes sont le sexisme et les oppressions. Le problème à l’époque de gloire du corset, c’était le fait que des femmes, voire des jeunes filles, n’aient pas la liberté de ne pas porter de corset, sous peine d’être jugées par la société. Le problème du voile actuellement, n’est pas qu’une femme en porte ou n’en porte pas, mais bien qu’elle soit forcée à le porter (ou à ne pas le porter).  Le problème, c’est que ces détails vestimentaires sur lesquels on a tendance à s’attarder cachent d’autres mécanismes d’asservissement bien plus graves qu’un bout de tissu, baleiné ou non. En parlant uniquement de ce qui est visible, on occulte les réelles oppressions. C’est vraiment dommage.

De nos jours, en occident, aucune femme n’est forcée par la société à porter un corset. Elle le fait librement. Mais le fait que l’on considère son choix comme étant tour à tour le symbole d’une soumission à des codes sociaux ou alors d’une affirmation de sa sexualité, et que l’on commente ce choix, de façon positive ou négative, c’est cela qui est problématique.

Mon expérience personnelle

Personnellement, je porte des corsets car j’aime ça. J’aime la sensation d’être bien soutenue, et j’aime la silhouette que le corset me confère. Pour autant, je ne me considère ni soumise aux normes de la beauté, ni plus militante lorsque je porte un corset. Et c’est exactement pareil pour les talons et le maquillage. Et d’ailleurs je ne porte pas ces attributs pour attirer l’attention ou les commentaires (même s’ils sont parfois inévitables, malheureusement…). De façon analogue, si je sors de chez moi en training et à peine coiffée, ce n’est pas pour protester contre certaines obligations esthétiques, c’est parce qu’à ce moment-là, je suis bien comme ça. Ça ne va pas plus loin.

Laissons donc les femmes (et les hommes aussi) faire ce qu’elles veulent de leur corps, sans préjugés, et ce genre de polémique deviendra inutile. C’est en tous cas ce que je souhaite pour notre avenir.

Serre-taille Halloween